La Gendarmerie met en scène son Alpine A110 à Gordes

Pour promouvoir l’image de la marque et faire rêver, la Gendarmerie du Vaucluse a posé une de ses Alpine A110 dans le village de Gordes et publié une séquence filmée par drone. Ce geste intervient alors que la flotte des A110 connaît autant d’éloges que d’incidents et que la production de ce modèle thermique s’achève.

Une A110 mise en scène au sommet de Gordes

La gendarmerie locale a récemment publié une vidéo montrant une Alpine A110 stationnée dans l’un des points de vue les plus photogéniques du village de Gordes, dans le Vaucluse. Captée par drone, la séquence met en avant la silhouette compacte et le look sportif de la voiture sur fond de pierres blondes et de paysage provençal. L’équipe de communication commente cette mise en scène par un message simple : « On a décidé de vous faire rêver… direction l’un des plus beaux villages de France. » La vidéo a été diffusée sur la page Facebook de la cellule locale, visant clairement à valoriser à la fois le territoire et le véhicule.

La Gendarmerie et ses voitures de sport : historique et bilan

La montée en gamme de la flotte d’intervention n’est pas neuve. Pour les missions d’interception rapide sur voie rapide, la Gendarmerie a progressivement équipé ses unités avec des modèles sportifs : après des Subaru dans les années 2000, puis des Renault Mégane RS de troisième génération, quelques Seat Leon Cupra ont été ajoutées. En 2021, une commande de 26 Alpine A110 a été annoncée pour renforcer ces capacités d’intervention.

>Cependant, l’usage opérationnel n’a pas été sans heurts. Depuis leur mise en service, plusieurs incidents impliquant ces A110 ont été recensés : au moins 4 exemplaires ont subi des dommages en service, dont une voiture qui a terminé sur le toit et une autre qui a percuté un rail lors d’une poursuite. Ces événements posent la question de l’adéquation entre performances d’un véhicule et conditions réelles d’utilisation par des forces de l’ordre.

Fin d’une ère à Dieppe et cap vers l’électrique

Sur le plan industriel, l’actualité est également marquante : la production de la seconde génération de l’A110 a pris fin à l’usine de Dieppe. Depuis 2017, l’atelier a produit près de 30 000 exemplaires de ce modèle iconique. La fin de la production thermique ouvre désormais la voie à une nouvelle génération entièrement électrique, annoncée pour l’année prochaine sous la bannière d’une A110 100% électrique.

>Cette transition technologique soulève des interrogations pratiques pour la Gendarmerie ; la question centrale est de savoir si une version électrique, avec ses caractéristiques de couple instantané mais aussi ses contraintes d’autonomie et de recharge, conviendra aux besoins très spécifiques des patrouilles d’interception sur autoroute.

Analyse : entre stratégie d’image et réalité opérationnelle

La mise en scène de l’Alpine A110 à Gordes illustre une double logique : d’un côté, un objectif clair de communication pour rapprocher la police militaire d’un public enthousiasmé par l’automobile et le patrimoine ; de l’autre, la réalité des contraintes opérationnelles et des risques liés à l’utilisation de voitures de sport en interventions réelles. Montrer une A110 dans un décor de carte postale séduit et humanise la gendarmerie, mais cela n’efface pas les incidents recensés ni les débats sur l’utilisation optimale de tels véhicules.

>Enfin, l’arrêt de la production thermique et l’arrivée prochaine d’une A110 100% électrique constituent un tournant. Si l’électrification est inévitable et positive sur le plan environnemental, elle oblige à repenser l’usage : tactiques d’intervention, logistique de recharge et choix des véhicules devront être adaptés. À l’heure où l’image compte autant que la performance, il faudra que la communication soit mise au service d’une stratégie opérationnelle adaptée et sécurisée — car faire rêver est une chose, garantir la sécurité en est une autre.

Laisser un commentaire