Les feux de croisement servent à voir et à être vu sans éblouir, tandis que les feux de route éclairent beaucoup plus loin sur une chaussée sombre et dégagée. Le choix dépend donc moins du type de route que de trois éléments : l’éclairage public, la visibilité et la présence d’autres usagers. Dès qu’un véhicule arrive en face ou roule devant vous à faible distance, il faut repasser en feux de croisement.
| Éclairage | Portée indicative | Voyant | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Feux de croisement | Environ 30 m | Vert, faisceau incliné | Nuit, route éclairée, pluie, neige, brouillard, présence d’autres usagers |
| Feux de route | Au moins 100 m | Bleu, faisceau horizontal | Nuit, chaussée non éclairée, sans risque d’éblouissement |
Feux de croisement et feux de route : quelle différence réelle ?
Les feux de croisement, souvent appelés « codes », produisent un faisceau rabattu vers la chaussée. Sur une voiture réglée pour circuler à droite, il remonte davantage du côté droit afin d’éclairer le bord de la route, les panneaux et les éventuels piétons, tout en limitant l’éblouissement des véhicules arrivant en face.
Leur portée couramment retenue est de 30 mètres. Cette distance suffit pour la circulation urbaine et pour croiser d’autres véhicules, mais elle devient vite courte lorsque la vitesse augmente. La Sécurité routière rappelle qu’à 70 km/h, un obstacle apparaissant seulement dans la zone éclairée par les codes peut être détecté trop tard pour éviter la collision. La bonne réponse n’est donc pas de rouler plus vite parce que la route paraît vide, mais d’utiliser les pleins phares lorsque les conditions le permettent et d’adapter sa vitesse dès qu’il faut revenir en feux de croisement.
Les feux de route projettent, eux, un faisceau plus haut et plus lointain. Ils éclairent à 100 mètres au minimum. C’est un vrai gain pour repérer un virage, un animal, un objet tombé sur la chaussée ou un véhicule arrêté. Cette puissance a sa contrepartie : les pleins phares peuvent aveugler un conducteur situé en face, mais aussi gêner celui que vous suivez par l’intermédiaire de ses rétroviseurs.
Quand faut-il utiliser les feux de croisement ?
Les feux de croisement sont l’éclairage polyvalent de la voiture. Ils conviennent de nuit sur une route éclairée, en agglomération comme hors agglomération. Ils deviennent également la solution normale lorsque la pluie, la neige, le brouillard ou une forte baisse de luminosité réduisent la visibilité.
L’article R416-6 du Code de la route impose notamment de remplacer les feux de route par les feux de croisement quand le véhicule risque d’éblouir un autre usager. Cela concerne deux situations très courantes :
- vous vous apprêtez à croiser un véhicule venant en sens inverse ;
- vous suivez un véhicule à faible distance, hors manœuvre de dépassement.
Le passage en codes doit être anticipé. Attendre que l’autre conducteur fasse un appel de phares signifie généralement que vous l’avez déjà gêné. Sur une route vallonnée, pensez aussi au véhicule qui arrive derrière une crête. Son pare-brise peut recevoir votre faisceau avant même que ses phares soient entièrement visibles.
En ville, les feux de croisement restent le choix le plus simple dès que la nuit tombe. Les feux de jour d’une Renault Clio, d’une Peugeot 208 ou d’une Citroën C3 récente rendent la voiture visible de face, mais ils ne garantissent ni un éclairage suffisant de la chaussée ni, selon la configuration du véhicule, l’allumage complet des feux arrière. Le mode automatique aide beaucoup, mais il peut réagir tard dans une averse, sous un ciel très sombre ou dans certaines zones boisées.
Quand peut-on passer en feux de route ?
Les feux de route sont adaptés à la conduite de nuit sur une chaussée non éclairée ou insuffisamment éclairée, à condition de ne gêner personne. Ils sont particulièrement utiles sur les départementales, les petites routes de campagne et les longues portions sans lampadaire.
Contrairement à une idée répandue, les pleins phares ne sont pas automatiquement interdits dès que l’on entre en agglomération. Si la voie n’est pas éclairée et qu’aucun usager ne risque d’être ébloui, leur usage peut rester pertinent. En pratique, cette situation est assez rare en ville, où les croisements, les piétons et les véhicules stationnés imposent une vigilance accrue.
Sur autoroute, ils peuvent également être utiles sur une section totalement sombre. Restez toutefois prudent : une glissière ou un terre-plein central peut masquer les feux d’un véhicule venant en face sans empêcher votre faisceau de gêner son conducteur, notamment lorsqu’il est assis plus haut dans un utilitaire ou un poids lourd. Repassez en codes au moindre doute.
Les feux de route sont en revanche une mauvaise réponse dans le brouillard dense. Leur lumière se réfléchit sur les gouttelettes et crée un voile lumineux devant le véhicule. Les codes, éventuellement complétés par les antibrouillards autorisés dans la situation rencontrée, donnent généralement une lecture plus nette de la chaussée.
Comment reconnaître les symboles sur le tableau de bord ?
Le voyant des feux de croisement est vert. Son pictogramme représente un phare dont les traits lumineux descendent en diagonale. Celui des feux de route est bleu, avec des traits horizontaux. Cette différence de couleur permet de repérer immédiatement un passage involontaire en pleins phares.
Sur la plupart des voitures françaises, la commande principale se trouve sur un commodo derrière le volant. La bague sélectionne généralement les feux de position, les codes ou le mode automatique. Une poussée du levier active les feux de route de façon permanente, tandis qu’une traction brève sert à effectuer un appel de phares. L’ergonomie varie selon le modèle : mieux vaut vérifier la notice avant un trajet nocturne plutôt que chercher la commande en roulant.
Si plusieurs témoins vous semblent difficiles à identifier, les repères ne sont pas toujours présentés exactement de la même manière d’un combiné à l’autre. Nos guides consacrés aux voyants de la Renault Clio 5 et aux voyants de la Peugeot 208 permettent de retrouver les principaux symboles de deux modèles français très répandus.
Peut-on faire confiance aux pleins phares automatiques ?
Les Renault, Peugeot et Citroën récentes peuvent recevoir, selon leur version, un système de commutation automatique entre feux de croisement et feux de route. Une caméra détecte l’éclairage ambiant et les sources lumineuses des autres véhicules. Sur certains modèles plus évolués, le faisceau est découpé ou ajusté afin de conserver une zone éclairée sans envoyer toute la puissance vers l’usager détecté.
Cette assistance réduit les oublis, mais elle ne remplace pas l’attention du conducteur. Un cycliste faiblement éclairé, un véhicule arrivant dans un virage, des phares partiellement masqués par une glissière, de fortes précipitations ou une caméra sale peuvent retarder la réaction. Gardez la main sur le commodo et repassez manuellement en codes si le système tarde.
La puissance des éclairages modernes oblige aussi les constructeurs à soigner leur réglage et leur conformité. Le sujet ne concerne pas seulement le confort : un faisceau trop haut ou trop intense gêne réellement les autres. Le rappel de véhicules Tesla pour des phares trop puissants illustre l’importance d’un éclairage correctement calibré, y compris sur une voiture récente.
Les erreurs qui réduisent la visibilité sans qu’on s’en rende compte
Rester en mode feux de jour sous la pluie
Un tableau de bord éclairé ne prouve pas que les feux de croisement sont allumés. Sur certains véhicules, l’instrumentation est lumineuse en permanence. Vérifiez le voyant vert et la position du commodo lorsque la pluie réduit la visibilité.
Suivre une voiture en pleins phares
Le conducteur devant vous reçoit la lumière dans ses rétroviseurs intérieur et extérieurs. Même à plusieurs dizaines de mètres, l’éblouissement fatigue et réduit la perception de la route. Revenez en codes bien avant de vous rapprocher.
Oublier de corriger la hauteur quand la voiture est chargée
Des passagers ou des bagages lourds à l’arrière font légèrement lever l’avant du véhicule. Sur une voiture équipée d’une molette de réglage manuel, il faut abaisser le faisceau selon les indications du constructeur. Sans correction, des codes parfaitement fonctionnels peuvent donner l’impression de pleins phares aux conducteurs croisés.
Négliger une optique terne ou un feu défaillant
Une ampoule usée, une optique jaunie, de la condensation ou un phare mal réglé réduit la portée utile. Contrôlez les deux côtés face à un mur, sur un sol plat, sans démonter ni modifier le système au hasard. Les technologies halogène, xénon, LED et matricielles ne se réparent pas de la même façon. Si le faisceau est irrégulier ou si un défaut revient, un contrôle en atelier évite de remplacer des pièces inutilement.
Le réflexe simple avant chaque trajet de nuit
Avant de partir, faites le tour de la voiture ou vérifiez le reflet des feux contre un mur. Une fois sur la route, appliquez une règle facile à retenir : codes dès qu’il faut partager la lumière, pleins phares seulement quand la route sombre est libre devant vous.
- chaussée éclairée ou visibilité dégradée : feux de croisement ;
- route sombre, sans véhicule devant ni en face : feux de route ;
- apparition d’un usager, même loin : retour anticipé en feux de croisement ;
- brouillard dense : pas de pleins phares ;
- doute sur le mode automatique : commande manuelle.
Ce petit automatisme améliore à la fois votre champ de vision et le confort de tous ceux que vous croisez. Sur une Renault comme sur une Peugeot, une Citroën ou n’importe quelle autre voiture, le meilleur éclairage reste celui qui montre la route sans effacer la vision des autres.