TL;DR : la Renault Clio 6 occupe seulement la quatrième place des ventes françaises sur les sept premiers mois de 2026, avec 30 497 immatriculations. La citadine reste derrière la Peugeot 208, la Dacia Sandero et même le Peugeot 2008. L’ancienne Clio 5 soutient encore fortement les résultats du modèle, tandis que l’absence d’une version électrique et une offre mécanique initialement limitée freinent la relève.
La Clio 6 démarre au pied du podium
La succession ne se déroule pas aussi facilement que Renault pouvait l’espérer. Après une fin de carrière très solide de la Clio 5, sa remplaçante semblait bien placée pour conserver le leadership du marché français. Les chiffres arrêtés au 31 juillet 2026 racontent pourtant une autre histoire.
>D’après les données de la Plateforme automobile, la Clio 6 totalise 30 497 immatriculations depuis le début de l’année. Elle se classe quatrième, juste derrière le Peugeot 2008 et ses 30 732 unités. La Dacia Sandero conserve également une avance sensible avec 37 978 exemplaires, malgré un recul de 6,19 %.
>La principale menace vient surtout de la Peugeot 208. La citadine sochalienne a enregistré 44 414 immatriculations sur la même période. L’écart dépasse donc largement le simple effet d’un lancement progressif ou de délais de livraison.
L’ancienne Clio 5 masque en partie le recul
Renault peut encore revendiquer une Clio très présente dans les classements à condition d’additionner les deux générations. La Clio 5, pourtant réduite à une finition et une motorisation en toute fin de carrière, a encore séduit 20 375 acheteurs entre janvier et juillet.
>Cette coexistence brouille la lecture des performances. Elle permet au nom Clio de rester très haut, mais montre aussi que la sixième génération n’a pas encore récupéré toute la clientèle de sa devancière. La période de transition peut inciter certains automobilistes à choisir l’ancien modèle, souvent mieux connu et potentiellement plus avantageux financièrement.
>Toutes générations confondues, les ventes de Clio reculent de 17,28 %, alors que le marché français progresse de 2,65 %. La disparition prochaine de la Clio 5 permettra de mesurer plus clairement la capacité réelle du nouveau modèle à s’imposer seul.
L’absence d’électrique pèse sur les flottes
Le contexte du marché ne favorise pas la stratégie de la Clio. Sur les sept premiers mois de 2026, les immatriculations de voitures électriques ont bondi de 70,33 %. Renault réserve cette technologie aux Twingo, Renault 4 et Renault 5, tandis que la Clio mise principalement sur l’essence et l’hybride non rechargeable.
>Cette dernière motorisation reste très populaire, avec 43,5 % de part de marché, mais sa progression se limite à 3,43 %. Le décalage est particulièrement visible auprès des entreprises : les immatriculations de Clio sur ce canal chutent de plus de 33 %. Les règles fiscales et les obligations imposées aux flottes poussent désormais davantage les sociétés vers le tout-électrique.
>La situation est plus favorable chez les particuliers, où les ventes progressent de 18,36 %. Ce résultat confirme que la Clio conserve une image forte auprès du grand public, même si les chiffres disponibles ne permettent pas d’attribuer cette hausse précisément à la cinquième ou à la sixième génération.
Une gamme encore moins large que celle de la Peugeot 208
La Clio 6 a aussi démarré avec un choix mécanique restreint. Au lancement, elle proposait essentiellement un trois-cylindres 1.2 turbo essence et une version hybride de 160 ch, nettement plus chère. La déclinaison GPL n’a rejoint le catalogue qu’en mai 2026.
>En face, la Peugeot 208 couvre davantage de besoins avec une version électrique, un moteur 1.2 Turbo de 100 ch à boîte manuelle et deux propositions à hybridation légère. Des promotions régulières renforcent encore son attractivité, malgré une conception désormais moins récente.
Analyse éditoriale : la bataille reste ouverte
Le démarrage de la Clio 6 est décevant au regard de l’héritage du modèle, mais il serait prématuré d’y voir un échec. La fin de la Clio 5 clarifiera la gamme et reportera une partie de la demande vers la nouvelle génération. L’arrivée tardive du GPL peut aussi élargir sa clientèle.
>Son principal handicap paraît plus structurel : sans déclinaison électrique, la Clio abandonne une part croissante du marché, notamment les flottes, à ses rivales et aux autres modèles de Renault. Elle peut encore gagner la bataille auprès des particuliers, mais retrouver durablement la première place exigera probablement davantage qu’un simple effet de transition.