Le marché automobile français a surpris en juillet : les immatriculations ont repris de la vigueur, portées par un bond spectaculaire des voitures électriques. Renault profite pleinement de la vague, tandis que les marques chinoises gagnent du terrain.
Une poussée électrique inédite en juillet
Le mois de juillet marque un tournant : les immatriculations de voitures neuves ont progressé de +9 % pour atteindre 126 808 unités. Cette dynamique est essentiellement due à la fulgurance des véhicules électriques, dont les ventes ont crû de plus de +120 % par rapport à juillet de l’année précédente, propulsant l’électrique au rang de deuxième motorisation du pays.
>Sur le plan des parts de marché, les véhicules hybrides restent en tête avec 48 %, mais l’électrique grignote désormais 35 % du marché. Si l’on exclut la micro-hybridation, la part des hybrides réellement rechargeables ou autonomes (HEV + PHEV) se situe autour de 27 %, ce qui confirme que l’électrique est déjà passé devant ces motorisations « classiques ». Le thermique recule fortement : l’essence ne représente plus que 11 %, le diesel à peine 2 %, tandis que le GPL se maintient à environ 4 %.
>Plusieurs facteurs expliquent ce basculement : la hausse des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques et le lancement, le 16 juillet, d’un nouveau dispositif de leasing social qui a entraîné un effet d’entraînement chez les constructeurs. Ce mécanisme, encore récent, pourrait contribuer à pousser la part de l’électrique au-delà de 40 % dans les mois à venir si la tendance se confirme.
Renault : carton plein sur l’électrique
Dans ce contexte, Renault tire largement son épingle du jeu. Le constructeur occupe les trois premières places des ventes électriques en juillet avec la R5 en tête, suivie par le Scénic et la Twingo, qui devancent même le Tesla Model Y. La Mégane figure également dans le Top 10, illustrant la capacité de la marque à convertir son catalogue à l’électrique.
>À l’inverse, le groupe Stellantis ne place que deux modèles dans le Top 10 : la Peugeot e-208 et la Citroën e-C3, malgré une offre large au sein du groupe. La progression générale concerne la plupart des modèles, sauf quelques exceptions comme le BMW iX1, dont les volumes semblent se tasser.
>Cependant, tout n’est pas parfait pour Renault : sur la période janvier-juillet, la Clio accuse un recul de -10 % par rapport à 2025. Elle reste toutefois la meilleure vente automobile de France, même si elle paraît quelque peu cannibalisée par les succès internes de la Twingo et de la R5. Autre déception : la R4 ne décolle pas, avec un peu plus de 700 livraisons en juillet, moins que des SUV comme la Peugeot e-5008 et la e-3008, et seulement légèrement au-dessus de la Peugeot e-2008.
Les constructeurs chinois en embuscade
Une autre dynamique notable est l’arrivée plus massive des marques chinoises sur le marché français. En juillet, ces acteurs représentaient environ 8 % du marché, soit près de 10 000 véhicules neufs vendus sur le mois. Le paysage comprend des noms comme BYD, SAIC, Xpeng, Leapmotor, Chery ou Jaecoo, qui proposent majoritairement des électriques, mais aussi de nombreux hybrides rechargeables.
>Ces importateurs et nouveaux acteurs pèsent de plus en plus dans les segments accessibles et remettent la concurrence à plat, notamment sur les prix et la dotation en batteries. Leur montée inquiète certains acteurs européens qui évoquent des mesures protectionnistes, notamment des surtaxes possibles sur les importations de PHEV.
Analyse — point de vue
Le mois de juillet marque probablement plus qu’un pic : il confirme une accélération structurelle de la transition vers l’électrique en France. Entre facteurs économiques (prix des carburants), politiques publiques (leasing social) et une offre produit désormais vaste, l’électrification n’est plus une projection mais une réalité chiffrée. Renault a su saisir l’opportunité, mais la concurrence s’intensifie — des groupes établis à des nouveaux entrants chinois — et le marché va demander encore plus d’innovations, de capacités industrielles et d’infrastructures de recharge. La question désormais n’est plus « si » l’électrique dominera, mais à quelle vitesse et avec quelles conséquences pour les constructeurs traditionnels et les politiques publiques.