Un mulet de la future Alpine A110 a effectué ses premiers tours de roue au Festival of Speed de Goodwood. La sportive 100 % nouvelle promet une architecture électrique dédiée, 95 % de pièces inédites et des choix techniques destinés à préserver la sensation de légèreté.
Premiers roulages et héritage de la Berlinette
La relève de la célèbre Berlinette s’est montrée pour la première fois en public sous la forme d’un mulet roulante lors du rassemblement britannique. L’actuelle génération, qui a officiellement achevé sa carrière le 17 juin, laisse une trace forte dans les mémoires ; la nouvelle mouture doit désormais relever le défi d’en faire autant — voire mieux.
>Les équipes d’Alpine affichent des ambitions claires : une voiture plus longue et plus large que la précédente, conçue pour conserver la « sensation de légèreté » qui a fait la renommée du modèle tout en intégrant une architecture résolument moderne. Le mulet aperçu à Goodwood illustre cette transition vers une sportive électrique aux prétentions dynamiques élevées.
Plateforme dédiée et architecture électrique
La prochaine A110 repose sur une nouvelle plateforme baptisée APP (Alpine Performance Platform). Ce châssis spécifique accueille une architecture électrique particulière : deux batteries et un double groupe motopropulseur positionné à l’arrière. Alpine annonce que 95 % des composants sont inédits et ne seront pas partagés avec le groupe Renault.
>Le système de batterie fonctionne sur une tension nominale de 800 V mais la recharge se fera à 400 V. La répartition d’énergie a été pensée pour favoriser l’équilibre : 25 % de l’énergie est dirigée vers l’avant et 75 % vers l’arrière, contribuant à la tenue de route et à la dynamique attendue d’une berlinette moderne.
Châssis, électronique et aides au pilotage
La propulsion électrique arrière repose sur deux moteurs et s’accompagne du nouveau système Alpine Active Torque Vectoring 2.0. En complément, une fonction nommée Wheel Slip Torque Control vient gérer finement le couple et les transferts de charge afin de limiter le sous-virage en entrée et au milieu des virages, que ce soit à l’accélération ou au lever de pied.
>Pour arriver à cette calibration, Alpine a abondamment recours à la simulation : plus de 45 000 km ont été parcourus en environnement virtuel pour peaufiner le châssis, la calibration des organes mécaniques et le développement des pneumatiques. L’objectif affiché est clair : proposer une auto exaltante à conduire tout en maintenant un poids maîtrisé, la cible étant d’environ 1 500 kg.
Habitacle : sobriété et ergonomie
Alors que les sportives contemporaines s’enlisent parfois sous les écrans, la nouvelle A110 veut afficher un intérieur plus intemporel et centré sur le conducteur. Alpine dit avoir travaillé pour un cockpit « non saturé d’écrans », privilégiant des commandes intuitives et une position de conduite basse, rendue possible par la configuration électrique et la faible hauteur générale du véhicule.
>Analyse : la révélation du mulet à Goodwood confirme qu’Alpine opère une transition technique ambitieuse sans renier l’ADN de la Berlinette. La combinaison d’une plateforme dédiée, d’une architecture électrique à double batterie et d’aides électroniques poussées indique une volonté de concilier performances et sensations. Reste à voir si la promesse d’un poids contenu à 1 500 kg et la finesse du châssis simulé se traduiront sur route et circuit. Si tel est le cas, la nouvelle A110 pourrait redéfinir la notion de sportive électrique légère, en réussissant l’équilibre délicat entre technologie moderne et plaisir de conduite traditionnel.