Quelle Mercedes avec moteur Renault retrouve-t-on vraiment sur le marché ?

Vous repérez une Mercedes Classe A d’occasion et le vendeur vous glisse l’expression « bloc 1.5 dCi » ? Vous avez bien lu : sous certaines étoiles se cache un cœur Renault. Le partenariat Renault-Daimler signé en avril 2010 a profondément mêlé les deux constructeurs, avec son lot de réussites et de polémiques. Ce guide passe en revue toutes les Mercedes équipées d’un moteur Renault, comment les identifier et ce que cela donne sur la route.

Pas le temps de lire ?

  • Les Classe A, B, CLA et GLA en 160d/180d embarquent un 1.5 dCi Renault (K9K rebadgé OM607).
  • Les Mercedes Citan, Classe T et EQT sont des Renault Kangoo rebadgés, assemblés à Maubeuge.
  • Les Smart Forfour II et Fortwo III partagent la base technique de la Renault Twingo III.
  • Codes moteurs à connaître : OM607, OM622, M281, M200 = origine Renault.
  • Fiabilité correcte avec entretien suivi, mais points de vigilance sur la chaîne de distribution.

Comment Renault et Mercedes se sont retrouvés sous le même capot

Tout part d’un accord stratégique signé en avril 2010 entre Renault-Nissan et Daimler. Les trois constructeurs s’échangent alors des participations croisées de 3,1 % et lancent une coopération industrielle massive. L’objectif est clair : mutualiser les coûts de développement face aux nouvelles normes CO₂ européennes, qui imposent des moteurs plus petits et plus sobres.

Un troc industriel gagnant-gagnant sur le papier

Mercedes apporte sa boîte 7G-DCT, ses architectures premium et un certain savoir-faire essence. Renault apporte ses petits diesels éprouvés, sa plateforme Kangoo et son usine de Maubeuge. La Renault Mégane IV reçoit ainsi la boîte allemande, tandis que la Mercedes Classe A hérite du bloc français. Sur le terrain, plus de 800 000 véhicules Mercedes sortiraient des chaînes avec un moteur K9K Renault sur la durée du partenariat.

Quelle Mercedes avec moteur Renault dans la gamme particuliers

C’est le cœur du sujet et la principale source de surprise pour les acheteurs. Plusieurs modèles emblématiques de l’étoile abritent un bloc venu de Cléon ou Valladolid.

Classe A, B, CLA et GLA : la famille du 1.5 dCi

Toutes les 160d et 180d en 1.5 litre diesel reposent sur le célèbre K9K Renault, rebaptisé OM607 par Mercedes. Cela concerne la Classe A W176 (2012-2018) puis W177 (depuis 2018), la Classe B W246 et W247, la CLA C117 et C118, et le GLA X156 et H247. Si vous lisez « 109 ch » ou « 116 ch » en diesel sur ces modèles, c’est un bloc français qui chante sous le capot.

Classe C et Classe E : le 1.6 dCi en renfort

La Mercedes Classe C W205 a aussi puisé dans la banque de Renault avec le bloc R9M (rebadgé OM622), un 1.6 dCi monté sur les versions C180d, C200d et certaines C220d selon les marchés. La Classe E W213 a également reçu ce moteur sur sa version 200d d’entrée de gamme. Un client achetant une berline d’affaires haut de gamme se retrouve donc, parfois, avec le même bloc qu’une Renault Talisman.

Les utilitaires et ludospaces concernés par le partenariat

Côté véhicules pratiques, le partage est encore plus assumé. Mercedes n’a tout simplement pas développé de plateforme de Kangoo maison.

Citan, Classe T, EQT et Vito : du Renault sous étoile

Le Mercedes Citan I (W415, 2012-2021) est un Renault Kangoo II rebadgé, et le Citan II (W420, depuis 2021) reprend le Kangoo III. Tous deux sortent de l’usine MCA de Maubeuge, propriété de Renault. La Classe T en est la déclinaison particuliers, l’EQT sa version 100 % électrique calquée sur le Kangoo E-Tech. Enfin, certaines Vito et Classe V W447 en 109 et 111 CDI roulent avec le R9M Renault sous le capot.

Smart Forfour et Fortwo III, cousines de la Twingo

Les Smart Forfour II et Fortwo III (453), sorties en 2014, partagent la plateforme et les moteurs de la Renault Twingo III. Sous le coffre arrière, on trouve donc le 1.0 SCe (M200/H4D) ou le 0.9 TCe turbo (M281/H4Bt), deux blocs essence Renault. Elles étaient même produites à Novo Mesto en Slovénie, dans l’usine Renault. Difficile de faire plus français comme citadine allemande.

Le tableau des codes moteurs à mémoriser

Pour ne pas vous faire piéger en concession ou face à un vendeur particulier, gardez ce tableau en tête.

Code Mercedes Code Renault Cylindrée Type
OM607 K9K 1.5 dCi Diesel
OM622 R9M 1.6 dCi Diesel
M281 H4Bt 0.9 TCe Essence
M200 H4D 1.0 SCe Essence

Comment savoir si votre Mercedes embarque un moteur Renault ?

La méthode la plus fiable consiste à lire la case P.5 de la carte grise, qui indique le type moteur. Si vous voyez OM607, OM622, M281 ou M200, c’est plié : il y a du Renault dessous. Vous pouvez aussi vérifier la plaque collée sur le bloc, dans le compartiment moteur.

« Toute Classe A, B, CLA ou GLA en finition 160d ou 180d avec un 1.5 litre diesel embarque, sans exception, un moteur Renault rebadgé. C’est la règle simple à retenir avant de signer un bon de commande en occasion. »

Pour aller plus loin, un diagnostic approfondi est utile. Si vous êtes équipé, n’hésitez pas à consulter notre dossier sur les avis sur le CAN Clip Renault, l’outil officiel qui lit aussi les codes des blocs partagés.

Que penser de la fiabilité des moteurs Renault dans une Mercedes ?

Le 1.5 dCi K9K est globalement éprouvé après plus de 20 ans de carrière. Mais sa seconde génération souffre d’une chaîne de distribution à l’usure prématurée, parfois dès 120 000 km. Les injecteurs Delphi, la vanne EGR et le couple FAP/AdBlue sont également des points sensibles à surveiller.

Le 1.6 dCi R9M a connu des épisodes de consommation d’huile excessive sur certaines séries, notamment avant restylage. Avec une vidange tous les 15 000 km maximum et un gasoil de qualité, ces blocs dépassent toutefois sans difficulté les 250 000 km. Pour les gros rouleurs, mieux vaut viser une Classe C 220d en OM651, le 2.1 litres 100 % Mercedes, nettement plus robuste.

Pourquoi Mercedes a-t-il fait appel à Renault ?

La réponse tient en deux mots : volumes et CO₂. Mercedes ne disposait pas de petit diesel inférieur à 1.8 litre compétitif au moment où l’Europe durcissait ses normes d’émissions. Plutôt que d’investir des milliards dans un développement maison, Daimler a préféré acheter le savoir-faire de Renault, leader du segment.

En contrepartie, Renault et Nissan ont récupéré la boîte 7G-DCT et plusieurs technologies premium. L’Infiniti Q30 partage par exemple sa plateforme avec la Mercedes Classe A. Un échange de bons procédés qui a permis à chacun de combler ses faiblesses sans sacrifier ses marges.

Et aujourd’hui, le partenariat tient-il toujours ?

Sur le plan capitalistique, c’est terminé : Renault et Daimler ont vendu leurs participations croisées entre 2017 et 2021. Mercedes développe désormais le M282 (1.3 essence) et mise sur ses propres OM654 diesel. La nouvelle génération de Classe A et CLA revient progressivement à des motorisations 100 % maison.

La coopération industrielle perdure néanmoins via le Citan, la Classe T et l’EQT, produits à Maubeuge au moins jusqu’en 2028. Côté maintenance, si vous roulez en Renault et que vous changez votre télécommande, jetez un œil à notre guide pratique sur la pile pour carte Renault Captur 2. Le sujet illustre bien comment ces marques partagent souvent plus que les apparences ne le laissent croire.

Conclusion : faut-il fuir une Mercedes à moteur Renault ?

Pas du tout. Avec un historique d’entretien rigoureux, un kilométrage maîtrisé et une préférence pour les versions post-restylage, ces Mercedes restent de bons achats. Sachez juste ce que vous achetez : une étoile sur le capot ne garantit pas un bloc fait à Stuttgart. Et pour un usage urbain modéré, le 1.5 dCi vieilli sous une Classe A reste un compagnon raisonnable et plutôt sobre.

FAQ : vos questions sur les Mercedes à moteur Renault

Quelles Mercedes ont un moteur Renault ?

Principalement les Classe A, B, CLA et GLA en 160d et 180d (1.5 dCi K9K), certaines Classe C et E en 200d (1.6 dCi R9M), les Citan I et II, la Classe T, l’EQT, plusieurs Vito et Classe V, ainsi que les Smart Forfour et Fortwo III.

Comment savoir si ma Mercedes a un moteur Renault ?

Vérifiez le code moteur en case P.5 de la carte grise ou sur le bloc lui-même. OM607 = 1.5 dCi Renault, OM622 = 1.6 dCi Renault, M281 et M200 = blocs essence Renault. Toute Classe A, B, CLA ou GLA en 160d ou 180d avec 1.5 litre diesel embarque systématiquement un moteur français.

Le moteur Renault dans une Mercedes est-il fiable ?

Le 1.5 dCi K9K est globalement éprouvé mais souffre de soucis de chaîne de distribution sur sa seconde génération, ainsi que d’injecteurs Delphi capricieux et de problèmes de vanne EGR. Avec un entretien suivi (vidange tous les 15 000 km), il dépasse facilement 250 000 km.

Pourquoi Mercedes utilise des moteurs Renault ?

Suite au partenariat Renault-Nissan-Daimler signé en 2010, pour des raisons d’économies d’échelle et de respect des normes CO₂ européennes. Mercedes manquait d’un petit diesel performant en interne. En échange, Renault a récupéré la fameuse boîte 7G-DCT et plusieurs technologies haut de gamme.

Le Mercedes Citan est-il vraiment un Renault Kangoo ?

Oui, à 90 %. Le Citan I (2012-2021) est un Kangoo II rebadgé et le Citan II (depuis 2021) est un Kangoo III rebadgé, tous deux assemblés à Maubeuge dans l’usine Renault MCA. Mercedes ne modifie que la calandre, certains éléments de style et le réglage de suspension.

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