TL;DR : Le Renault Trafic Escapade reprend la base du fourgon au losange et y ajoute sept places, un couchage et une cuisine sommaire. Son homologation VASP lui permet surtout d’éviter le malus écologique qui rend le Trafic Combi presque inaccessible aux particuliers. Proposé entre 46 000 et 52 000 euros, il convainc davantage comme très grand monospace que comme véritable van de vacances.
Une homologation VASP qui change toute l’équation
Le principal argument du Trafic Escapade n’est ni son réchaud ni son lit, mais son statut administratif. Grâce à son homologation VASP, réservée aux véhicules spécialisés et notamment utilisée par les camping-cars, il échappe au malus sur les émissions de CO2 ainsi qu’à la taxe liée au poids.
>Cette particularité fait une différence spectaculaire face au Trafic Combi. Avec un tarif catalogue débutant autour de 43 200 euros, la version neuf places peut voir sa facture totale dépasser 110 000 euros une fois la fiscalité appliquée. Pour l’Escapade, vendu de 46 000 à 52 000 euros selon la configuration, l’économie fiscale atteindrait environ 73 000 euros avec le diesel de 150 ch et plus de 80 000 euros avec le 170 ch.
>Le dispositif est parfaitement légal. Il replace surtout ce grand véhicule dans une zone tarifaire encore acceptable pour une famille, alors que le Combi s’adresse désormais principalement aux professionnels, aux hôtels et aux services de transport.
Sept vraies places dans un habitacle fonctionnel
Extérieurement, l’Escapade reste très proche d’un Trafic utilitaire. Ses grandes surfaces vitrées latérales et une inscription discrète sur la custode arrière constituent ses principaux signes distinctifs. À bord, la planche de bord conserve une ergonomie simple, avec des commandes physiques pour la climatisation et l’autoradio. L’écran central se concentre sur la navigation et les fonctions secondaires.
>Les matériaux sont robustes plutôt que raffinés, mais l’assemblage apparaît sérieux. Un passage entre les sièges avant facilite l’accès à la partie arrière. Au deuxième rang, deux fauteuils individuels démontables et pivotants offrent une présentation presque VIP. Chacun profite d’une tablette, tandis que des prises USB et un réglage de climatisation complètent l’équipement.
>La troisième rangée accueille une banquette pour trois personnes. Avec environ 160 cm de largeur, elle permet à ses occupants de voyager dans des conditions correctes. L’ensemble confirme la vocation première du modèle : déplacer jusqu’à sept passagers et leurs bagages sans imposer les contraintes tarifaires du Combi.
Un van très sommaire, mais un Trafic convaincant sur la route
La transformation en véhicule de loisirs se limite au nécessaire. Une fois les sièges pivotés, les tablettes permettent de prendre un repas à quatre, voire cinq personnes. En rabattant les fauteuils et la banquette, l’habitacle forme un couchage d’environ 160 x 190 cm, vaste mais pas totalement plat.
>Le coffre accueille un petit meuble de cuisine accessible sous le hayon, avec un réchaud à un feu, une réserve d’eau de 5 litres et une douchette. En revanche, aucun réfrigérateur, aucune batterie auxiliaire et aucun second couchage ne sont prévus. Pour plusieurs semaines en autonomie, le SpaceNomad reste nettement plus adapté.
>Sur la route, l’Escapade retrouve les qualités du Trafic. Ses suspensions, réglées pour transporter des passagers plutôt que des charges lourdes, privilégient le confort. Quelques mouvements de caisse apparaissent dans les virages serrés, sans rendre le comportement inquiétant.
>Le diesel 2,0 litres de 170 ch et 380 Nm déplace efficacement un véhicule proche de deux tonnes. Il travaille en bonne intelligence avec la boîte automatique à neuf rapports, aussi à l’aise en ville que sur autoroute ou en montagne. La consommation observée se situe entre 7 et 7,5 l/100 km. Seule la direction, assez lourde lors des manœuvres, rappelle franchement les origines utilitaires du modèle.
Analyse éditoriale : un choix rationnel avant d’être un van
Le Trafic Escapade ne remplace pas un camping-car équipé pour de longues vacances. Son coin cuisine minimal et son unique couchage en font plutôt une solution d’appoint pour un week-end, une nuit improvisée ou une activité de plein air.
>Son intérêt est ailleurs : proposer un immense véhicule familial confortable et polyvalent à un prix qui ne soit pas pulvérisé par le malus. Renault exploite ici intelligemment le cadre réglementaire, sans dissimuler les limites de l’aménagement. Pour qui cherche avant tout sept places, beaucoup d’espace et la possibilité occasionnelle de dormir à bord, l’Escapade possède une cohérence réelle. Les amateurs de vanlife autonome devront, eux, accepter d’ajouter de l’équipement ou choisir un modèle plus spécialisé.