Citroën BX 16 Soupapes ou Renault 21 Turbo : deux façons de vivre la sportive française

TL;DR : apparues en 1987, la Citroën BX GTI 16 Soupapes et la Renault 21 Turbo ont prouvé qu’une familiale française pouvait rivaliser avec les sportives allemandes. La Citroën mise sur la légèreté, un moteur atmosphérique de 160 ch et sa suspension hydropneumatique. La Renault répond avec un 2,0 litres turbo de 175 ch, davantage de couple et une vitesse de pointe supérieure. Deux caractères très différents, mais un même intérêt pour les amateurs de youngtimers.

Deux familiales nées au sommet de la vague GTI

À la fin des années 1980, les constructeurs français ne réservent plus la performance aux petites GTI. Citroën et Renault veulent également proposer des berlines capables de transporter cinq personnes tout en offrant de vraies sensations au conducteur.

>La BX sportive reçoit en mai 1987 une culasse à 16 soupapes sur son quatre-cylindres 1,9 litre. Elle développe alors 160 ch pour seulement 1 070 kg. Sa rivale au losange choisit une autre voie : le moteur 2,0 litres Douvrin adopte un turbo Garrett T3, une injection adaptée et un échangeur air-air. Le résultat atteint 175 ch et 270 Nm, pour un poids de 1 190 kg.

>Leur présentation traduit déjà cette opposition. La BX demeure relativement discrète dans sa première version, tandis que la 21 Turbo affiche clairement ses ambitions avec ses jantes de 15 pouces, ses bas de caisse et son aileron spécifique.

Atmosphérique contre turbo : deux caractères mécaniques

La Citroën privilégie les montées en régime et la vivacité. Son rapport poids-puissance lui permet d’atteindre 218 km/h et de passer de 0 à 100 km/h en 7,9 secondes. Sa suspension hydropneumatique est raffermie, tout comme ses barres antiroulis, sans effacer complètement la personnalité propre à la marque.

>La Renault délivre des accélérations plus musclées grâce au souffle du turbo. Elle réalise le 0 à 100 km/h en 7,4 secondes et atteint 227 km/h. Son aérodynamique, avec un Cx annoncé de 0,30, contribue à cette vitesse de pointe. Les trains roulants sont revus, l’essieu arrière utilise quatre barres de torsion et l’ABS est monté de série, comme sur la BX.

>Sur le papier, la 21 prend donc l’avantage en performances pures. La BX réplique par un poids inférieur de 120 kg, une réponse moteur plus progressive et un comportement singulier qui la rend tout aussi intéressante à conduire.

Équipement, évolutions et production

Les deux modèles offrent un équipement fourni pour leur époque : vitres avant électriques, fermeture centralisée, jantes en alliage et ABS. La Citroën ajoute notamment des instruments de contrôle de l’huile. La Renault peut recevoir en option la climatisation, le cuir, une installation audio et les vitres arrière électriques.

>En 1990, la BX devient simplement « 16 Soupapes » et adopte une présentation plus spectaculaire, avec boucliers, bas de caisse, jantes noires et aileron intégré. L’arrivée du catalyseur ramène ensuite sa puissance à 150 ch. Environ 15 000 exemplaires à 16 soupapes auraient été produits.

>La Renault est restylée en 1989 et se décline aussi en Quadra à transmission intégrale. La version catalysée descend à 162 ch avant l’arrêt de la gamme. La production de la 21 Turbo s’établit à 13 781 unités.

Des mécaniques solides, à condition de surveiller les périphériques

Le 1,9 litre de la BX peut dépasser 200 000 km lorsque l’entretien et les temps de chauffe sont respectés. La courroie de distribution, l’injection et le joint de culasse réclament toutefois une attention rigoureuse. Il faut également contrôler les fuites du circuit hydraulique, les roulements des bras arrière, les planchers et les points d’ancrage de suspension.

>Le moteur de la Renault repose lui aussi sur une base robuste. Le turbo exige une huile adaptée, des phases de chauffe et de refroidissement respectées, ainsi qu’un circuit de refroidissement en bon état. Certains exemplaires précoces ont connu des défaillances de turbo. Sur toute voiture convoitée aujourd’hui, l’historique d’entretien, la corrosion et la disponibilité des pièces comptent davantage qu’un faible kilométrage isolé.

Analyse éditoriale : laquelle raconte le mieux cette époque ?

La Renault 21 Turbo gagne le duel des chiffres : elle est plus puissante, plus coupleuse et plus rapide. La Citroën BX 16 Soupapes offre cependant une proposition plus originale, fondée sur la légèreté, le moteur atmosphérique et l’hydropneumatique. Pour transmettre la passion automobile, le choix dépend donc du récit recherché : la poussée spectaculaire du turbo chez Renault, ou l’ingénierie anticonformiste de Citroën. Dans les deux cas, ces berlines rappellent une période où la voiture familiale pouvait encore afficher une identité mécanique immédiatement reconnaissable.

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